Sous un soleil de plomb, Mademoiselle Elisabeth et moi avons eu le courage d'aller jusqu'à Paris pour visiter l'exposition des Marquoirs Anciens.

Personnellement, je n'avais jamais vu d'ouvrages aussi anciens : le premier exposé datant du 17è.

Très belle collection et très jolie exposition. Pas grand monde en plus donc tout le temps de regarder et de savourer.

Il y avait quatre salles. La première regroupait les marquoirs c'est-à-dire des morceaux d'étoffes ou de canevas sur lesquels les jeunes filles faisaient des exercices de point de croix (ou point de marque) en apprentissage de leur futur rôle de maîtresse de maison. 

Marquer signifie : rendre reconnaissable quelque chose. La marque se compose généralement des initiales. On marque les vêtements mais aussi le linge de table, de lit et de ménage; On marquait le linge pour le rendre reconnaissable entre les membres de la famille mis aussi pour faire la distinction avec celui des ménages voisins car le lavage était confié à des tiers. Les premiers marquoirs datent de 1530.

5645517-8420383 Détails d'un marquoir de 1749

 

La deuxième salle se composait des marquoirs et des linges de reprise. Le plus vieux linge à repriser (morceau d’étoffe sur lequel la fillette s’exerce à l’art des reprises) date de 1694. On s’entrainait à repriser toutes les matières et tous les supports. Tous présentent une construction plus ou moins identique : au centre, un motif brodé, par exemple une couronne ou un bouquet de fleurs, accompagné d’une marque, des initiales et de la date. L’intérêt de repriser dans une époque où le textile était tellement cher, est une évidence. Tout ce qui était usé, déchiré ou endommagé, était raccommodé plutôt que remplacé. Le secret de l'art des reprises est d'atteindre l'invisible.

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La troisième salle était consacré au 19ème siècle qui est une époque de changements. Plus qu’une activité quotidienne nécessaire, la broderie et les ouvrages de dames  deviennent un passe-temps. Les alphabets et les séries de chiffres sont remplacés par les motifs des suppléments de magazines féminins de l’époque. Ces patrons, souvent coloriés à la main, se nomment « Berlijnswerk » (modèles de Berlin). Souvent, les motifs sont à caractère romantique. Les motifs sont de plus en plus réalistes. On introduit de nouveaux matériaux, comme le canevas et les fils de laine. Ces derniers teintés à l'aniline permettent de nouveaux tons vifs ou brillants presque fluorescents.

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La dernière regroupait "les souvenirs de ma jeunesse". Dans les pensionnats, on s'initiait aux "ouvrages de dames". A la fin de la formation en travaux manuels, on avait coutume de coudre ensemble tous les ouvrages. Le résultat était un rouleau de 14 mètres de long, la longueur moyenne étant de 7 à 8 mètres. Le nom le plus neutre de ces rouleaux était "handwerkrol" (rouleau de travaux manuels). On trouve des appellations plus poétiques comme "Souvenir de ma jeunesse" : le rouleau rappelant à la jeune fille l'âge tendre et les longues heures laborieuses passées au pensionnat.

 

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(Photos prises sur le net car les photos sont interdites).

Cette exposition a lieu jusqu'au 27 juillet 2013 et franchement, je vous la conseille.